Le Selfie Mania: véritable phénomène de société

Par Shreshta Kanhye, Rachel Salomon, Chandini Boijoonauth et Shalini Runnoo

Le selfie : voilà un concept qui fait fureur à travers le monde.  C’est sans doute l’un des phénomènes du 21ème siècle. Ce néologisme a d’ailleurs été couronné ‘mot de l’année’ en 2013 par le prestigieux dictionnaire Oxford. Aussi connu comme “égoportrait” , le selfie est réalisé avec un smartphone et posté sur les réseaux sociaux. En amoureux, entre copines, avec la famille ou bien seul. Drôle ou sexy, pour s’immortaliser ou simplement pour dire “j’y étais“, la mode est au selfie. Un décor surprenant,  un bon cadrage, une grimace ou même l’inspiration sont les matières premières de cet autoportrait photographique.

Depuis son ascension en 2012 dans les sociétés du monde entier,  la frénésie du selfie continue à prendre de l’ampleur. Tendance, innovation technologique, divertissement ou truc de jeunes, ce sont autant de raisons pour prendre un selfie. Selon le site de mode Stylecaster environ un million de selfies envahissent les  réseaux sociaux par jour. Le selfie sert tantôt de carte postale numérique des événements extraordinaires, tantôt de cliché  accompagnant une vie quotidienne. Le Président de la première puissance économique au monde, Barack Obama, les vedettes de cinéma, les membres de la famille royale ou encore le Pape François ont tous succombé à la tendance du selfie. Ils l’utilisent comme outil de communication entre leur public et eux. Chez les  anonymes, le selfie connait un véritable triomphe car le nombre de selfies sur la toile continue de croître, allant jusqu’à l’excès selon certains.

L’abus de selfies peut toutefois avoir des conséquences graves. Qualifié comme étant intrusif, indécent voire néfaste, le selfie peut mener à des troubles psychologiques. A contrario, le selfie posté dans le but de témoigner des problèmes qui rongent la société, peut s’avérer comme une arme pour dénoncer au monde des situations difficiles. Ainsi le selfie est un phénomène à double facette car il consiste à la fois des aspects positifs et négatifs. Que dit alors cet instantané pour ceux qui le réalisent? Narcissisme décomplexé , outil de communication ou objet de contestation…. comment expliquer le phénomène selfie?

Le selfie est narcissique

L’un des aspects négatifs du selfie est le fait qu’il promeut le narcissisme. De nos jours, nous vivons dans un monde qui accorde trop d’importance à l’apparence.  Le selfie représente  donc  un moyen de se voir et de se contempler soi-même.  Ainsi les personnes se servent de ces égoportraits comme tremplin pour attirer l’approbation et l’admiration sur la toile.  En effet, lorsque l’on se met en scène devant un paysage pour prendre un selfie, ce n’est pas le lieu qui compte, mais bien la personne qui pose en premier plan. Au final, dans le but d’agrémenter le témoignage d’une expérience, les fans de selfie évincent complètement cette dernière pour ne retenir qu’une seule chose : « moi ».

De ce fait, le selfie agit comme une bonne excuse afin  d’exposer sa plastique aux yeux de tous, sans avoir l’air trop égocentrique puisque tout le monde le fait. De plus, il permet de contrôler l’image qu’on souhaite de soi-même.  En utilisant des filtres et autres techniques de manipulation, certains tentent de construire une image idéale de soi. Cela dans le but  d’augmenter le nombre de ‘likes’ sur les réseaux sociaux  qui sont perçus comme un miroir mondial pour ces adeptes de selfie. Les personnes dépendantes au selfie évaluent leur niveau de bien-être social en se basant sur les ‘likes’ de leurs autoportraits et quand ils n’en obtiennent pas assez, ils tombent dans la dépression.

La vie réelle pour ces accros de selfie n’existe pas sans les logiciels de retouche tels que Photoshop. Une conséquence de la place prépondérante que tiennent les images dans notre quotidien: images sans cesse modifiées que la réalité a parfois bien du mal à égaler. Un cinéaste vietnamien a fait une vidéo pour dévoiler comment sont réalisées des photos postées sur Instagram qui semblent parfaites aux yeux de tous mais qui en réalité sont le résultat d’une mise en scène soignée.

Instagram

D’ailleurs selon l’American Psychiatric Association, le selfie est un trouble mental nommé “selfitis”.  Le “selfitis” est défini comme l’obsession de prendre de photos de soi-même et de les afficher sur les réseaux sociaux afin de compenser le manque d’estime de soi. L’association a identifié trois niveaux de ce trouble :

  • selfitis limite : prendre des autoportraits au moins trois fois par jours, sans les afficher sur les réseaux sociaux.
  • selfitis aiguë : prendre des selfies au moins trois fois par jour en publiant chacune de ces photos sur les réseaux sociaux.
  • selfitis chronique : besoin irrépressible de prendre des photos de soi-même tout au long de la journée et les poster sur les réseaux sociaux plus de six fois par jour.

“Le selfie est un problème grave. Ce n’est pas une question de vanité. C’est une question de santé mentale qui peut déboucher sur des suicides.”  

Danny Bowman, un jeune britannique de 19 ans, fut victime de ce trouble psychologique. Il a choqué tout le monde en prenant 200 photos de lui-même en une journée. Accro aux selfies, le jeune homme a passé 10 heures en essayant d’obtenir l’image parfaite. Cependant, après avoir été incapable d’atteindre son objectif, il a fait une tentative de suicide. Comme l’explique le psychiatre de l’adolescent, David Veale, au journal Independent: “Le selfie est un problème grave. Ce n’est pas une question de vanité. C’est une question de santé mentale qui peut déboucher sur des suicides.”

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David Bowman, ayant développé une dépendance dangereuse aux selfies, a tenté de se suicider après avoir été incapable d’obtenir un autoportrait impeccable.

En outre, les selfies peuvent inciter les gens à poster des commentaires acrimonieux. Des personnes affichant des selfies sur les réseaux sociaux peuvent être la cible des critiques blessantes des internautes. A l’instar d’Oya, une jeune américaine, qui a été victime de ce type d’attaque. Après avoir publié un selfie d’elle avec le Président français, François Hollande, l’ado a dû faire face à des messages peu sympathiques, l’insultant ou l’attaquant sur son physique. De plus, cette photo de l’adolescente a été repérée par la presse et un article a été publié sur les journaux, inquiétant ainsi l’adolescente.

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Le selfie de  l’adolescente avec François Hollande  qui a généré beaucoup de réactions négatives sur ‘Twitter’.

Le selfie : invasion dans la vie privée des gens

De plus, l’invasion dans la vie privée des gens est l’autre revers du selfie. Selon des documents confidentiels exploités par le New York Times, la NSA, l’agence de renseignement américaine, recueille d’énormes quantités de photos de personnes sur la toile. Cela afin de les utiliser dans son système de reconnaissance faciale.  Ainsi, partager des selfies sur des réseaux sociaux qui sont sous haute surveillance peut être risqué.

Les selfies mortels

En outre, si d’une part le selfie est un moyen de se divertir, d’autre part il peut être mortel. D’après les chiffres compilés par le site Mashable,  les selfies ont causé plus de morts en 2015 que les attaques de requin.  Beaucoup de gens ont perdu leurs vies en voulant prendre des selfies dans des lieux dangereux. Par exemple, en Inde, un adolescent a trouvé la mort en prenant un selfie devant un train. En Russie, deux jeunes hommes ont péri lorsque la grenade dégoupillée qu’ils tenaient à la main pour un selfie a explosé. Cet épisode n’était que le dernier en date d’une série d’accidents touchant des Russes voulant prendre des selfies. “Un selfie cool peut vous coûter la vie !” prévient le ministère russe de l’Intérieur. Ainsi le gouvernement russe a lancé une campagne de sensibilisation pour inciter à davantage de précautions avant de prendre des selfies et a même publié une brochure sur les dangers de ces clichés.

De nombreux lieux touristiques à travers le monde appellent aussi leurs visiteurs à la prudence, comme explique le journal Al-Jazeera: “Avant de prendre un selfie, il faut se rappeler que la course aux ‘likes’ peut vous conduire à la mort et que cette photo sera peut-être posthume”.

Ce tableau montre le nombre d’hommes et de femmes qui ont trouvé la mort à cause des selfies depuis 2014.

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Ce diagramme indique le nombre de morts par selfies liés aux chutes, noyades et accidents ferroviaires en 2014.

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Ce diagramme montre le nombre de morts par selfies depuis 2014 par tranche d’âge :

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Sources: http://priceonomics.com/the-tragic-data-behind-selfie-fatalities/ et  http://petapixel.com/2016/02/09/numbers-behind-selfie-deaths-around-world/

Le selfie : Un phénomène commercial

Si le selfie est perçu comme un moyen de s’amuser par beaucoup de personnes, il reste avant tout un produit commercial. D’ailleurs, le selfie le plus retweeté de l’histoire, pris lors de la cérémonie des Oscars, faisait partie d’un deal avec un fabricant de smartphones, partenaire de la soirée. En effet, le selfie de stars, réalisé par la maîtresse de cérémonie , Ellen DeGeneres, avait pour objectif de faire de la pub pour le nouveau téléphone, le Galaxy Note, de Samsung. L’autoportrait photographique, posté sur Twitter, a été partagé près de 3 millions fois sur le réseau social.

Selon un article publié par le Times, une université britannique est en train de proposer des cours de selfie. Cela afin d’améliorer la compréhension critique de l’autoportrait photographique. Le cours est centré autour des idées et concepts qui entourent l’autoportrait et les élèves critiqueront les résultats obtenus par leurs amis. A terme, chacun devra pouvoir composer au mieux son selfie, en organisant l’espace et la lumière, tout en sollicitant ses talents de création. Comme le remarque le Times, le cours ne sert pas qu’à faire des photos de base avec un iPhone. Moyennant 168 euros, les élèves participeront à des conférences, des présentations, des séminaires et des travaux de groupe. Ainsi cela prouve le côté ‘business’ du selfie.

Le selfie : une manie qui ne connaît pas de limites

La folie de selfies n’a pas de limites. Obsédé par l’idée d’avoir le selfie parfait, les adeptes sont prêts à défier toutes les frontières. A l’instar d’un jeune ado qui a ponctué un match de tennis dans lequel jouait Roger Federer. Le jeune fan est parvenu à s’introduire sur le court  afin de prendre un selfie avec la star du tennis, laissant ce dernier mécontent. De plus en Argentine, un dauphin, d’une espèce rare, est mort déshydraté après que des touristes l’ont sorti de l’eau pour faire des selfies.

En France, le danseur Brahim Zaibat a été poursuivi en justice après avoir posté un selfie de lui avec le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, sur Facebook. Le selfie, pris à l’insu du politicien, a été fait la veille des élections régionales et était accompagné du message “Mettez-les KO demain en allant tous voter. Pour préserver notre France fraternelle !!!”. L’eurodéputé, qui apparaît endormi dans un avion sur le cliché, accuse le danseur “d’avoir nui à son image et d’avoir contribué pour beaucoup dans la défaite” du FN, d’après l’hebdomadaire people Public.

Aux Etats-Unis , un parc a fermé ses portes parce que ses visiteurs tentaient de prendre des selfies avec des ours. Au Royaume-Uni , un candidat britannique aux législatives, Josh Mason, a dû faire face à de nombreuses critiques après avoir posté un selfie dans un crématorium. Ce cliché étonnant a été jugé irrespectueux par sa rivale du Parti Travailliste.

Photo publiée sur Facebook du dauphin franciscain tiré des eaux par des touristes sur la plage de Santa Teresita à Buenos Aires (Argentine).

Le selfie qui a mené le danseur en justice.

Le selfie : perception dans le monde professionnel

Un autre aspect négatif du selfie est le fait qu’il est en train de s’infiltrer dans le monde du travail. Comme l’indique Yogina Coochanah, employée dans un hôtel local, “le selfie est devenu commun dans le lieu du travail. Je prends des selfies de temps à autre au boulot. Cependant cela ne pose aucun problème à mes collègues car ils y ont eux-mêmes recours.” Le monde du travail  se transforme graduellement en plateforme pour prendre des selfies, et par conséquent cela peut avoir un impact sur le professionnalisme.

Yogeeta Burumdayal, enseignante au niveau pré-primaire en Australie, ajoute que pour sa part, les selfies ont changé les perceptions de ses collègues vis-à-vis d’elle, offrant un aperçu d’elle en dehors des heures de travail. Ils la voient sous un autre angle  grâce à ses looks arborés dans ses selfies et suite à cela, elle se retrouve donc souvent sujette aux compliments de ses confrères.

Pour Ashwinee Gokhool, ses collègues accueillent très bien les selfies. Cependant elle évite les autoportraits dans le milieu du travail pour ne pas fâcher son patron. Elle dit que cela peut être considéré  comme une perte de temps de sa part. Aussi elle constate que le selfie au boulot peut donner une image d’un non-professionnel.

De gauche à droite: Yogina, Yogeeta et Ashwinee

“S’ils sont bien faits, les selfies ont un potentiel créatif. Pour se sentir bien, on doit se connaître soi-même et les selfies fournissent un nouveau rituel pour le faire”

Toutefois, le selfie est-il vraiment à prendre de manière pessimiste ? Après tout, le mot « selfie » a commencé à se répandre à partir de 2012 mais le fait de se prendre en photo soi-même existait déjà depuis l’invention de l’appareil photo. Donc pourquoi une telle polémique autour du selfie aujourd’hui ?

Il se trouve que la différence principale de ce type d’autoportrait est que de nos jours, il est plus personnalisé surtout avec les smartphones, les tablettes contenant toutes sortes d’applications pour prendre de meilleurs selfies. De plus, les commerçants aussi s’y mettent pour faire monter les chiffres d’affaires en inventant des gadgets comme le selfie stick qui devient incontournable pour beaucoup. Pratiquement tout le monde y a recours: que ce soit les jeunes, les moins jeunes, les employés, les politiciens, ou les célébrités. On n’y échappe tout simplement pas !

Donc, sommes- nous vraiment fautifs d’avoir inclus les selfies dans notre mode de vie ? Nous vivons dans des temps modernes où les réseaux sociaux deviennent l’activité dominante de l’individu. Facebook, Twitter, Instagram, etc. la plupart des internautes finit par s’y inscrire, souvent suite à une pression sociale, professionnelle, ou personnelle entre autres. En effet, le fait d’avoir presque tous ses amis, ses collègues, et sa famille sur les réseaux sociaux, peut influencer l’individu à en faire autant pour ne pas se sentir exclu.

Selon Pamela Rutledge, psychologue et directrice du Media Psychology Research Center aux États-Unis, tout est une question d’équilibre et d’ouverture d’esprit. “S’ils sont bien faits, les selfies ont un potentiel créatif. Pour se sentir bien, on doit se connaître soi-même et les selfies fournissent un nouveau rituel pour le faire”, soutient-elle dans une interview à Huffington Post. En effet, toute chose peut être bénéfique à condition que l’on y impose certaines limites. Les points positifs de la « mode selfie » à retenir sont que cette nouvelle tendance est un moyen de liberté d’expression avant tout. On est libre de poster les photos qu’on aime, de passer des messages qui nous tiennent à cœur à travers des selfies, de se sentir bien dans sa peau et de le montrer. Il est important de s’affirmer envers soi-même et connaître sa propre valeur avant les autres.

De plus, le selfie peut aussi agir comme un outil de communication important afin de sensibiliser les gens sur des problèmes qui affectent la société telle que la pollution. A l’instar de ‘Selfie Poubella’. Le ‘Selfie Poubella’ a été lancé en Tunisie afin de dénoncer la dérive de la pollution à travers de selfies pris dans des régions polluées.

Le ‘Selfie Poubella’ illustrant la pollution qui gêne les Tunisiens.

Si les selfies permettent d’aider les uns et les autres, de protéger l’environnement  ou autres causes qui méritent d’être défendues, d’avoir une bonne estime de soi et d’apprendre à s’accepter soi même, cela est déjà un grand pas en avant dans la vie personnelle de tout un chacun. D’ailleurs, l’être humain est appelé à passer par plusieurs étapes émotionnelles  au cours d’une vie. Il existe des phases de dépression, de sensation de solitude, de manque de confiance et d’estime en soi, de rejet, d’insatisfaction, etc. Les selfies peuvent aider à apaiser ces sentiments en poussant tout un chacun à se faire des amis, à socialiser, à créer des souvenirs avec ses proches, à expérimenter de nouvelles aventures et à prendre des risques.

Selon Deshni Jugroop et Vijaya Poonoosamy , deux jeunes qui ont l’habitude de prendre des selfies et de les mettre sur leurs profils Facebook respectifs, c’est par plaisir et satisfaction personnelle qu’elles le font. Elles se trouvent jolies et se sentent alors mieux dans leur peau et atteignent une certaine confiance en elles-mêmes. Les selfies les poussent ainsi à apprendre à prendre soin d’elles. Elles trouvent le temps de prendre soin d’elles-mêmes, de bien s’habiller afin de prendre de beaux selfies et ensuite les partager avec leurs proches mais surtout pour immortaliser de précieux moments et les garder en souvenirs.

D’autres s’en servent comme moyen de motivation, par exemple se prendre en photo avant de faire un régime afin de susciter des commentaires de motivation et de soutien. Cela les aide à atteindre leur objectif et ils sont ensuite ravis de poster des photos des résultats. Frank Gorman, coach personnel en programme nutritionnel et sportif, utilise justement cette méthode pour motiver les participants à se soutenir entre eux et à aller jusqu’au bout.

De plus, de la même façon que les selfies ont eu des effets très néfastes sur certains jeunes, ils ont été également un moyen de remédier à la situation. N’oublions pas que les selfies sont avant tout un moyen de s’exprimer et donc certains jeunes ont justement utilisé leurs selfies pour raconter leurs expériences et passer des messages importants à d’autres jeunes qui passent potentiellement par la même situation.

Un exemple est le cas de Maria Yagoda, une jeune femme américaine qui a créé un blog 100 Depressed Days où elle a posté 100 photos d’elle au cours de 100 jours avec un texte décrivant ses états d’âmes sous chacun des selfies. Ceci dans le but de s’aider à sortir de sa dépression et de sensibiliser les gens sur cette maladie, surtout pour ceux qui y font face. Dans une interview publiée sur le site culturel Le Bonbon, elle explique, « Parce que les gens déprimés devraient avoir le droit de montrer leur tête dans les réseaux sociaux autant que les gens heureux ».

Un autre cas est celui d’Essena O’Neill, une australienne de 19 ans. Cette dernière a fait une vidéo qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Elle raconte comment elle était accro aux réseaux sociaux. Elle était toujours obsédée par son apparence car pour elle, le nombre de « likes » et  de « followers » avaient une grande importance dans sa validation sociale auprès des autres. Mais au final, cela n’a fait que la rendre ‘malheureuse et misérable’. Elle témoigne donc la triste vérité qui se cache derrières ses « perfect photos ». Entre autres, elle se comparait aux autres pour pouvoir leur ressembler. Elle prenait des poses même si elles étaient inconfortables et se nourrissait à peine rien que dans le but d’avoir de belles photos. A travers sa vidéo, elle passe donc un message de sensibilisation auprès de tous ceux qui idéalisent tout ce qu’ils voient sur l’internet.

De plus les géants du commerce électronique, Amazon et Mastercard, vont lancer une application qui permettra aux consommateurs de payer leurs achats en ligne à travers un système de selfie. Ainsi avec l’avènement de ce nouveau type de paiement, les gens n’auraient plus besoin de s’inquiéter au sujet de la sécurité. Ils n’auront plus à mémoriser leur mot de passe – souvent oublié – ou être inquiets à l’idée de donner leurs codes de carte bancaire en ligne.

Pour conclure, le selfie peut être à la fois ludique et narcissique. Cependant l’impact du selfie dépend largement de la manière on l’utilise.