LGBT: désormais hors de la boîte et dans les rues

Dossier traité par Hemy Bapamah, Julie Soucient, Joanna Uppiah, Girija Gungabissoon, Shelly Carpayen et Dooshika Conhoyea

« LGBT » (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres), est un terme utilisé pour désigner les gens qui sont attirés par des personnes du même sexe. Les orientations et les identités sexuelles ne se conforment pas toujours aux règles générales de la société. Par conséquent, la communauté LGBT est souvent confrontée à la violence, aux inégalités, à la torture, voire même à la peine de mort dans certains pays.

A Maurice, nous ne sommes pas encore à cette extrémité. Toutefois, le mouvement LGBT est considéré comme un sujet sensible malgré les actions prises par des ONG telles que le Collectif Arc En Ciel et le Young Queer Alliance afin de conscientiser les gens sur les droits de cette communauté.

3168453864_1_2_8o21WWU3Le drapeau doit son origine à l’artiste Gilbert Baker de San Francisco.

À l’origine, les drapeaux comportaient huit couleurs différentes : le rose, le rouge, l’orange, le jaune, le vert, le turquoise, l’indigo et le violet.

campagne de sensibilisationGay pride

Campagne de sensibilisation et Gay Pride organisées par les ONG telles que CAEC et YQA

Pour bien comprendre le sujet, il est impératif de savoir la différence entre « orientation sexuelle » et « identité sexuelle ». Il y a divers types d’orientations sexuelles et leur signification n’est pas la même.

  • L’hétérosexualité est l’attirance sexuelle pour une personne du sexe opposé.
  • L’homosexualité est l’attirance sexuelle envers une personne du même sexe que soi.
  • La bisexualité est l’attirance sexuelle envers une personne du même sexe que soi et , en même temps, envers une personne du sexe opposé.

En ce qu’il s’agit de l’identité sexuelle, il peut ne pas y avoir de correspondance avec le sexe à la naissance, notamment pour les transsexuels et les transgenres. Les transsexuels ont recourt à la chirurgie pour résoudre cette dissonance alors que les transgenres éprouvent simplement du plaisir à s’habiller selon les codes du sexe opposé.

La tolérance et les lois envers la communauté LGBT globalement

En 1897, c’est le Comité Scientifique Humanitaire qui fut la première association au monde à prendre la défense des droits des homosexuels. Par la suite, avec beaucoup de réticence, de plus en plus de mouvements se sont mis à lutter pour l’acceptation de la communauté LGBT.

Le graphique ci-dessous nous révèle le taux de tolérance à travers le monde. On voit déjà que le taux de ceux qui acceptent l’existence des LGBT est assez élevé dans certains pays, par exemple en Espagne où le taux de tolérance est de 55%. Certes, il y a toujours des cas où la tolérance est très minime. Par exemple, le pays qui a le moins de tolérance est les États Unis avec 37% de personnes qui ne tolèrent pas les homosexuels.

Tolérance envers les homosexuels à travers le monde

En ce qui concerne les pays d’Afrique, plusieurs d’entre eux ont des lois qui condamnent les personnes LGBT. En Somalie, si les gens affichent clairement leur homosexualité, ils peuvent subir la peine de mort. Cependant dans d’autres pays, les lois ne condamnent pas cette communauté telle qu’à Madagascar ou encore à la Réunion où le mariage du même sexe est légalisé.

Le graphique ci-dessous classe les différents pays d’Afrique en fonction de leur traitement de la communauté LGBT. Pour les pays où l’homosexualité est considérée comme « highly criminalised », la loi les condamne pour plus de 5 ans de prison et dans les pays d’où l’homosexualité est vue comme « less criminalised », ils ont une loi qui condamne les homosexuels à une peine de 5 ans de prison.

Qu’en est-il de Maurice ?

Les statistiques de l’Afro-Barometer 2014 nous révèlent que 45 % de la population sont indifférents à l’homosexualité alors que 51 % y sont totalement opposés. Seuls 4 % tolèrent cette communauté. Ce graphique-ci-dessous illustre les statistiques sur la tolérance envers les homosexuels.

chart-tolérance envers homosexuels MRU 2014

Que dit la loi ?

À première vue, à Maurice, aucune loi ne va à l’encontre de la communauté LGBT. Il existe cependant une loi qui pénalise la sodomie, qui prévoit jusqu’à 5 ans d’emprisonnement. Toutefois cela s’applique aussi aux hétérosexuels.

De plus, les homosexuels ne sont pas réellement protégés par nos lois, mis à part l’Employment Rights Act qui agit comme protection contre la discrimination à l’embauche, au licenciement et/ou à l’avancement, basée sur l’orientation sexuelle.Il y a aussi l’Equal Opportunity Act qui implique l’égalité des chances pour tous indépendamment de leur orientation sexuelle.

Mais pourquoi les Mauriciens ont-ils du mal à accepter l’homosexualité ?

Malgré les démarches des ONGs et des médias, les gens sont toujours réticents à accepter la communauté LGBT à Maurice.

Les journaux tels que ceux du Défi Media Group, ION News et l’express.mu proposent en général une couverture positive de la cause LGBT.

A Maurice, le poids du regard des autres, les valeurs religieuses et/ou morales, la peur du qu’en-dira-t-on amplifient la peur d’assumer son homosexualité et de faire son « coming out ».

Steevy, étudiant à l’Université de Maurice explique ce qui l’a poussé à réaliser son film Séraphita sur l’homosexualité.

La religion

Les religions condamnent les relations sexuelles extra-maritales. Avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe est vu comme un acte interdit, «Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination.», selon le Lévitique 18v 22, selon la bible version Louis Segond.

Le Coran [27:54-55] « [Et rappelle-leur] Lot, quand il dit à son peuple : «Vous livrez-vous à la turpitude [I’homosexualité] alors que vous voyez clair». Vous allez aux hommes au lieu de femmes pour assouvir vos désirs ? Vous êtes plutôt un peuple ignorant.»

Quant au bouddhisme, il n’aborde pas ouvertement la question de l’homosexualité. Toutefois il prône la maîtrise des sens. L’hindouisme n’en parle pas directement non plus. Le sexe n’est pas perçu comme un mal; c’est un don de Dieu.

L’homosexualité reste un tabou majeur au sein de nombreuses communautés, qui, paralysées par le poids de l’histoire, de la religion et des coutumes s’abstiennent d’ouvrir leurs portes en grand, de peur peut- être de ne pas savoir les refermer. Si certaines personnes acceptent la communauté LGBT, d’autres n’approuvent pas, car il va à l’encontre même de leurs croyances religieuses.

Voici les témoignages de Rachel et Christie de la communauté LGBT qui racontent leur parcours et témoignent de leurs difficultés.