Sécurité routière: comment expliquer la hausse dans le nombre d’accidents de la route?

Par Diksha Kalawon, Eloïsa Rosette, Joëlla Pompeïa, Ritesh Parepiah et Melissa Sévéry.

«La route meutrière», «Début d’année meutrier», ces expressions reviennent sans cesse dans les pages des journaux à Maurice depuis quelque temps, accompagnés de photos des victimes des accidents de la route.

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Dès le début de l’année 2016, six personnes périssent au cours des accidents enregistrés dans la première semaine de janvier. Chaque année, les chiffres démontrent qu’il y a une hausse dans le nombre d’accidents. En 2012, le nombre d’accidents était estimé à 21,056 tandis qu’en 2013 et 2014, les chiffres sont estimés à 23,563 et 26,400 respectivement.

Chart nombre d'accidents

Accidents de la route: les contrôles effectués par la police

Les contrôles routiers sont fréquents pendant les heures de pointe selon le Chef Inspecteur Ashok Matar. Tous les matins, la police se fait un devoir d’informer les automobilistes sur la situation sur nos routes dans les émissions Inforoute sur toutes les radios de l’île.
Les accidents de la route sont généralement courants pendant les heures de pointe. C’est pour cela que la police intensifie ses contrôles pendant ces périodes.

Selon le Chef Inspecteur Ashok Matar, les motocyclettes sont les véhicules les plus à risques, car “ils sont les plus vulnérables sur les routes”. Les statistiques démontrent que les bus sont aussi les plus impliqués dans les accidents de la route.

Les moniteurs d’auto-écoles sont-ils les premiers responsables?

Une augmentation du nombre de véhicules sur nos routes (476,207 véhicules y circulent) a été enregistrée pour le semestre de janvier-juin 2015. Une formation adéquate des futurs automobilistes est donc primordiale. Selon Manoj Rajkumar, président de l’Association des Moniteurs des Auto-Écoles de l’île Maurice, cela diminuera considérablement le nombre d’accidents de la route.

Manoj Rajkumar déplore que les moniteurs d’auto-école ainsi que ceux qui délivrent les permis de conduire, c’est-à-dire les ‘examiners’ n’ont pas le niveau requis pour ce genre de responsabilité. Toutefois, il accueille favorablement la réforme proposée par l’État dans le transport. Les moniteurs d’auto-école ainsi que ceux qui délivrent le permis devront suivre des formations de trois et six semaines respectivement.

Propos du Président de l’association des moniteurs auto-écoles et d’un membre exécutif de l’association

Les marquages routiers peuvent aussi être à l’origine des accidents de la route, comme ces deux exemples ci-dessous:

DSC_0111Le panneau à droite indique clairement qu’il est interdit de tourner à droite. Une des deux flèches blanches indique qu’un automobiliste peut tourner à gauche alors que celle du milieu signale au conducteur d’aller tout droit, alors que c’est un passage fermé !
IMAGE 2La ligne blanche (1) indique qu’il est impératif pour un conducteur de s’arrêter. Toutefois, la courbe blanche (2) indique au conducteur qu’il peut continuer à gauche sans s’arrêter. Ceci peut facilement prêter à confusion et ainsi occasionner des accidents. De plus, c’est à une centaine de mètres d’un poste de police !

Nouvelles mesures pour prévenir les accidents de la route

La route tue trop. Face à cette situation alarmante, le ministre des infrastructures publiques et des transports, Nando Bodha a introduit de nouveaux règlements et planche sur une série de mesures qui pourraient aider à réduire le nombre d’accidents de la route.

En avril 2015, le ministère a mis à jour la loi sur la circulation routière. Il a tout d’abord remplacé le système de permis à points le 27 juillet 2015 par un système “d’infractions accumulées”. Cette alternative sert à enregistrer toutes les infractions du conducteur pendant vingt-quatre mois. Le non-port du casque pour les motocyclistes et l’utilisation du téléphone au volant, par exemple, constituent une infraction. Par conséquent, le conducteur risque de perdre son permis de conduire à partir de six infractions.

Autre nouveauté: la mise en place d’une unité spéciale composée de motards. Elle sillonne l’île pour effectuer des patrouilles. Elle fait notamment des tests de vérification de vitesse et elle mesure les taux d’alcoolémie des conducteurs.

Cette année, le ministère a également introduit un règlement en ce qui concerne le permis d’apprenti ou “learner”. Il sera désormais valide pendant six mois uniquement. Le but: traquer les faux permis. Les détenteurs de permis d’apprenti ont désormais un délai de six mois pour passer leur permis de conduire.

Le projet de moto-écoles est également en cours. Selon l’attaché de presse du ministre, Pradeep Gobhurdun, environ 200,000 motocyclettes circulent sur nos routes et sont souvent impliquées dans des accidents. Des moto-écoles devraient donc être mises sur pied l’année prochaine. C’est une unité de la police qui offrira une formation aux instructeurs de ces écoles pendant six mois. Il précise toutefois que les permis seront classifiés selon différentes catégories d’âge:Table (1)Il a été aussi question que ceux qui possèdent un cylindré égal ou inférieur à 200cc devront les remplacer au bout de cinq ans. Pour les motocyclettes de plus de 200cc, ils auront un délai de sept ans. Cependant, le délai peut être prolongé sur demande suivant le kilométrage et la certification technique par un expert.

Former les chauffeurs de poids lourds dans un espace moderne, c’est aussi l’objectif du ministre des infrastructures publiques et des transports. Ainsi Le Professional Drivers Training Centre du Mauritius Institute of Training and Development à Forest fera peau neuve.
Les radars mobiles et les caméras de vitesse contribuent aussi à la sécurité routière. À ce jour, il existe 17 détecteurs de vitesse, 46 radars fixes et 6 radars mobiles selon le chef inspecteur Rama.

Le ministère a aussi revu les limitations de vitesse sur les routes : 80 à 110 km/h pour les autoroutes et 60 à 80 km/h pour les autres réseaux routiers.

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