Corinne Minerve

Corinne Minerve, une jeune journaliste vit sa première campagne électorale. Elle nous en parle.

Quelles sont les difficultés qu’une jeune journaliste rencontre dans son quotidien ?
Le plus grand souci selon moi, c’est la rétention d’information, une pratique que je trouve commune à Maurice. Exemple : pour des sujets banals, on s’entend dire : «Nous n’avons pas le droit de parler à la presse. Les directives sont claires». Imaginez maintenant la difficulté sur des sujets sensibles. Bien sûr, c’est le propre du journaliste que d’aller creuser pour trouver l’information. Or, combien peut-on creuser en quelques heures si on travaille dans un quotidien? Autre souci : puisque le journalisme consiste entre autres à recueillir les opinions des autres, notre emploi du temps rime avec la disponibilité de l’autre. Si cette personne n’est pas libre de la journée, il faut soit se résoudre à l’attendre jusqu’à des heures indues, ou plus fréquemment, il faut changer de sujet, surtout quand on travaille pour l’actualité, où on peut pas se permettre de perdre du temps. Or, dans la petite île Maurice, ce n’est pas si simple de trouver plusieurs sujets par jour.

Est-ce facile pour vous de découvrir la campagne électorale quand il y a tant de menaces envers les journalistes ?
C’est en effet assez compliqué. J’essaie de ne pas en faire grand cas et de m’y habituer, vu que selon moi, la presse sera souvent persécutée – si elle fait son travail comme il le faut – vu les despotes qu’on voit à Maurice.

Est-ce que c’est dangereux pour une jeune fille d’assister au meeting ?
Cela depend. Normalement, lors des meetings, ou autres réunions politiques, il y a toujours dans la foule un sympathisant d’un parti pour vous harceler, si ce n’est pas les politiciens, ou les leaders du parti eux-mêmes qui s’y mettent. Il est souvent plus simple – quoique ce n’est pas très éthique – de ne pas mentionner le nom du journal auquel on appartient quand on nous le demande. Car les rédacteurs de journaux parasités au pouvoir s’en sortent souvent à bon compte, contrairement à ceux qui veulent être objectifs et indépendants.

Quelle est la plus mauvaise expérience que vous avez vécue sur le terrain ?
Des politiciens qui lançaient des invectives au journal auquel j’appartiens lors de meetings. Certains pointent même du doigt des journalistes dans la foule. Comme pour attiser la haine envers le contre-pouvoir. Cette attitude fera qu’un jour des activistes ou de simples sympathisants à des partis politiques vont agresser physiquement des journalistes…,mais verbalement on a connu ça.

Parlez-nous du bon côté d’être journaliste.
C’est très enrichissant grâce à de nombreuses rencontres et à la diversité des sujets que nous sommes appelés à traiter. C’est aussi une façon d’être connectée en permanence à l’actualité, ce qui est primordial.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?
Un peu par hasard je l’avoue. J’ai vu un appel à candidatures et j’y ai répondu. Je n’ai jamais regretté d’être entrée dans la presse, quoiqu’il m’arrive de me demander si je pourrais le faire correctement pour les dix ans à venir, vu l’exigence du métier.

Propos recueillis par Patrick St Pierre
Communication Year 3

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