Pierre Benoit


Pierre Benoit est le plus ancien journaliste de la presse mauricienne. Avec ses 47 ans d’expérience, il nous parle du rôle et de la liberté de la presse.

Quels sont les rôles d’un journal?
Il y a deux types de journaux. Il y a des organes de presses qui sont proches d’un parti politique tel que le Militant, The Sun ou Advance. Les journaux indépendants sont comme Le Mauricien et l’express. Tout le monde tire sur la presse indépendante. Cela a toujours été le cas. Les journaux indépendants sont privés. Ils sont le contre pouvoir et c’est leur rôle. A chaque fois qu’un parti ou une alliance arrive au pouvoir, il tire sur eux. Cela leur rend service car c’est une preuve de leur indépendance. Les choses évoluent; les Mauriciens donnent aussi un coup de main en jouant un rôle important.

Qu’est-ce qui a changé?
Il suffit juste de écouter les radios privées. Les journaux et les radios privées sont la voix du peuple. Les Mauriciens ne peuvent pas s’exprimer sur les chaînes de la MBC alors ils se tournent vers les radios privées et la presse indépendante. Heureusement qu’elles sont là. Je suis responsable des pages régions à l’express. Croyez-moi, les gens adorent se voir dans la presse . De plus, ils sont contents quand la presse les écoute.

La presse peut-elle tout dire au nom de la liberté?
Les journalistes ont une certaine liberté, mais quelquefois, ils appliquent l’autocensure. Quelquefois, à cause de menaces ou pour calmer une situation, il se taît. L’autocensure peut être aussi mauvais. Dans ce cas, ils sont pris dans un dilemme, c’est-à-dire, dire la vérité ou appliquer l’autocensure pour calmer une situation. Mais la liberté d’un journal, c’est la liberté du public. Il faut dire que la presse est assez puissante. Il y a une rubrique «who cares » que j’aime bien. Mais il ne suffit que l’on publie une photo d’un chemin en mauvais état pour qu’il soit réparé le lendemain.

Quelle est la situation actuellement en la comparant à 30 ans de cela?
Cela a toujours été difficile. Il y avait carrément la censure entre 1970 et 1976. Les choses ont évolué. Quand les choses vont mal, les Mauriciens se tournent toujours vers la presse si les institutions ne font rien. Je me souviens qu’en 1983, la situation était difficile dans le pays, pour le moindre petit problème, le public cherchait l’aide de la presse. La situation est similaire maintenant. Ecoutez les radios. De plus, les Mauriciens veulent participer à des débats qui les concernent. C’est cela la vraie démocratie.

Propos recueillis par Patrick ST PIERRE
Yr 3

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