Les relations presse-politiciens


Le presse comme les adversaires politiques sont les cibles des politiciens en ce temps de campagne électorale 2010. Critiques et attaques avec fond de vérité, de délire ou de mauvaise foi…tout y passe.

” Les élections, avance Paul Bérenger, ne sont pas pas ‘free and fair’. Cela en raison de la “manipulation d’images” et autres travers dont se rend coupable la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC)”.

Ces propos du leader de l’Alliance du Coeur, extraits d’un article de l’express paru le vendredi 30 avril 2010 et titré: ” Les élections ne sont pas libres”, n’annonce que trop bien la couleur, et les sentiments de ce dernier à l’égard de cette section de la presse parlée.

Elle est l’énième d’une longue liste de plaintes et d’attaques contre la MBC depuis le début de la campagne électorale (et depuis qu’il est leader de l’opposition de toute manière). De rassemblement politique en rassemblement politique, comme le rapporte la presse, il mène campagne contre elle, se faisant le critique le plus constant et régulier de cet organe qu’il dit être “de propagande”. Et le leader des mauves n’a d’ailleurs pas manqué de fustiger la MBC lors du grand rassemblement du 1er mai, à Port-Louis, où il devait dire: ” mem si MBC ine trik election chak soir depi sa comencement campagne electorale” cela n’aura pas raison de sa cote le jour des scrutins!

Il est vrai qu’il faut déplorer le favoritisme de la MBC en matière du temps d’antenne et traitement accordé au regime en place comme lors de l’annonce de la répartition d’heure d’antenne aux 529 candidats aux élections pour discourir sur leur programme en vue du 5 mai, – programme televisuel qui a d’ailleurs commencé le 26 avril. Répartition où l’Alliance de l’Avenir, alliance dont la plupart des membres sont du gouvernement sortant, a eu ” la part du lion” avec 2h20 de temps d’antenne contre 1h 44 pour l’Alliance du Coeur alors que les 5 heures restantes sont allouées aux trois quarts des autres candidats, ce qui équivaut à 409 candidats (référence l’express dimanche du 25 avril).

Mais cette partisanerie, ce favoritisme porté par les activistes du régime dans les postes stratégiques à la MBC, était aussi au rendez-vous durant le mandat du MMM-MSM de 2000 à 2005! La conclusion à cette constante controverse et remarque contre la MBC se révèle ainsi toute simple: Ce sont nos politiciens qui sont coupables! Puisqu’ils utilisent la MBC comme un instrument, au gré de leurs exigences. Et les sempiternelles récriminations du MMM, et son annonce lors de son rassemblement du 20 avril à Phoenix, au travers d’un de ses intervenants Swaley Kasenally, comme le rapporte Le Mauricien dans son édition du mercredi du 21 avril 2010- de ” (…)faire de la MBC une BBC mauricienne, en créant un organisme qui aurait à sa tête un directeur et un president indépendants” ! ne semblent être que de la poudre aux yeux…

Mais Paul Berenger n’est pas le seul à avoir émis des critiques envers la MBC durant cette campagne électorale, Cassam Uteem, ex-président de la République mais aussi ancien membre du MMM (même s’il en est toujours proche – son intervention du premier mai à Port-Louis sur la plate-forme de l’Alliance du Coeur en est la preuve) devait dire lors d’une interview accordée au supplement l’express ID du 26 avril que c’est ” la Mauritius Broadcasting Corporation(MBC) qui fausse le jeu démocratique” en manquant au devoir de ” free & fair de ces élections”. Quelques candidats indépendants s’étaient aussi soulevés contre la MBC TV à un certain moment de la campagne, en déclarant comme rapporté par le Mauricien que leur ” meeting” n’était pas couvert par la MBC TV.

Cependant il n’y a pas que la MBC qui soit prise à parti en ce temps de campagne électorale; les radios privées Radio One et Radio Plus ont été citées par Navin Ramgoolam ainsi que le quotidien l’express comme des segments de la presse qui ” manipul linformasyon. Gramatin tanto met fos nouvel”. Il a été rejoint, dans ces propos déclamés contre ces cellules de la presse, lors d’un meeting à Riviere-des- Anguilles par Pravind Jugnauth. Lui qui semble nourrir une aversion toute particulière envers l’express et Radio One (Rappelons la manifestation devant Radio One qui a dégenéré l’année dernière) devait ajouter: ” Pe amenn kampayn infect. Ena liberte d’expressyon. Me pas kapav ena abus”

Alors qu’une semaine plus tôt lors d’un ” meeting” à Goodlands, le leader du MSM ” avait ciblé spécifiquement certaines têtes de la presse et ” avait proféré des menaces tous azimuts” comme rapporté par l’express: ” Josie Lebrasse et Jean Claude de l’Estrac sont des suiveurs. La Sentinelle, en particulier, l’express, 5-Plus, et Radio One, nous insultent. Ils sont contre nous et font campagne pour le MMM. Après les élections, tou sa la pou arete. Zot pou aret fer mari dans sa pei la”. Sans oublier une phrase mémorable de Navin Ramgoolam lors d’un meeting retransmis à la MBC TV où il devait dire, en citant selon ses dires feu Gaetan Duval, que pour gagner les elections il faudrait avoir l’express et Week-end contre soi!

Si tout citoyen est libre d’exprimer ses désaccords et critiques envers le contenu rédactionnel de la presse, la virulence de Pravind Jugnauth contre les publications est une constante. Le décompte des foules des rassemblements du 1er mai du MSM estimé par l’express a toujours été la source de vives tensions entre des publications de ce groupe de presse et le MSM.

A part Radio One et Radio Plus que le leader de l’Alliance de l’Avenir accuse de manipuler l’information, il reste les radios de la MBC et Top FM qui est plutôt apolitique, puisqu’il ne participe pas ou peu à toute cette effervescence de la campagne électorale ou ne commente pas les forces et les faiblesses des candidats en lice pour le scrutin du 5 mai. Des quotidiens non incriminés pour manipulation de l’information demeurent Le Défi au Quotidien (qui met davantage l’accent sur ce qui est croustillant dans cette campagne électorale), Le Matinal (percu comme en faveur du pouvoir sortant même s’il essaie d’etre équilibré dans son discours et contenu rédactionnel) et Le Mauricien (qui joue davantage le jeu de la neutralité)

Les hebdomadaires du Matinal, Le Défi Ltd continuent dans presque le même registre tout comme Samedi Plus, Le Journal du Samedi et Le Dimanche qui ne s’appesantissent pas autant sur la campagne éectorale que les cellules de presses quotidiennes incriminées.

Ce qui amène à une conclusion un peu paradoxale: c’est l’importance que les rédactions accordent à ces politiciens et à leurs meetings en ce temps de campagne qui est la cause des propos de ces derniers contre eux. Puisque une partialité ou la perception d’une certaine partialité de leur part est décriée, leur traitement/analyse des discours recueillis lors des meetings n’est pas accepté. Ce qui amène à une autre conclusion: certains politiciens seront toujours de mauvaise foi et la presse doit seulement s’évertuer à demeurer équilibré, juste et libre dans son devoir d’information envers leurs lecteurs!

Par Joanna Seenayen
Yr 3

2 thoughts on “Les relations presse-politiciens

  1. Dans le quatrieme paragraphe: ” Il est vrai qu’il faut déplorer (…)”, derniere ligne il faut lire: ” 409 candidats(reference l’express dimanche du 25 avril)” au lieu de “409 minutes”

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